Vous parcourez actuellement les archives de la catégorie Les coups de gueule.
| L | Ma | Me | J | V | S | D |
|---|---|---|---|---|---|---|
| « déc | ||||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 |
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 |
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 |
| 27 | 28 | 29 | ||||
22.9.2011 par mephisto-tango.
Nuit OUF soirée électro-Cumbia vendredi 16 septembre
Entre DJs et groupes cumbia-électro sur scène, la soirée était vraiment folle, et le nombreux « peuple » de Paris présent au 104 ce soir-là était jeune, et quelque peu éméché devant la scène, à scander debout le rythme effréné et répétitif du mélange cumbia et électro.
TREMOR
Le groupe Trémor tout d’abord, heureux mélange des genres entre la musique folklorique argentine à base de tambours de candombé, de chacarera, associée aux différentes boîtes à rythmes électroniques, et accompagnée d’instruments acoustiques dont le violon, m’a paru très innovant dans la recherche de sons modernes et traditionnels. Le mélange était musicalement très riche et les musiciens sont incontestablement excellents.
EL HIJO DE LA CUMBIACe groupe était uniquement focalisé sur les sons électroniques de la musique cumbia. Et là je ne me sens pas compétente pour en parler. Je laisse simplement les liens suivants à l’appréciation des internautes :
BAJOFONDO TANGO CLUB avec Luciano SUPERVIELLE
Là c’est du domaine connu dans le clan électro du Tango. Bien que Luciano Supervielle, pianiste du groupe ait dit dans la soirée : « vous l’avez compris, nous ne faisons pas du Tango » On peut se demander pourquoi, alors que de nombreux « relans » font référence au Tango dans leur musique qui est quand même bien « Tanguitisée ». Evidemment le son du bandonéon très présent apporte sa touche Tango, mais il n’y a pas que ça. J’ai pu remarquer toutefois que les dernières compositions du groupe n’avait rien à voir avec le Tango et étaient plus Rock’n Roll argentin (ceci expliquant peut-être cela). Il n’empêche que c’était vraiment le meilleur groupe.
Conclusion : excellente soirée, bien organisée. Evidemment un monde fou, tout le monde debout. Mais, et ce fut assez curieux, il y a eu distribution de chaises longues lors du passage de Bajofondo pour les spectateurs ! Etait-ce parce qu’ils passaient très tard : 1h30 du matin !
Soirée Tango samedi 17 septembre
La soirée a failli très mal commencer. Les organisateurs ont mal prévu le succès de cette soirée, et de nombreux spectateurs n’ont pas pu rentrer. Les organisateurs avaient disposé des tables et des chaises devant la scène, ce qui a limité l’accès, par manque de place, aux spectateurs qui n’avaient pas pris leur billet, puisque tout était complet.
Les spectateurs se voyant refuser l’accès au spectacle se sont mis à protester bruyamment à l’extérieur, en sifflant et vociférant. Les vigiles qui gardaient l’entrée ne se sont pas laissés attendrir. L’organisateur qui était pris à partie n’a rien voulu savoir. Incontestablement ce fut une faute, alors que la veille à la soirée électro-cumbia, le double de gens avait pu rentrer, et personne ne s’est vu refuser l’accès.
Qu’est ce qu’on a vu lors de cette soirée ?
Les danseurs en démonstration d’abord :
Gloria et Eduardo Arquimbau ; Milena Plebs et David Palo ; et les champions du monde de Tango argentin 2011 en Tango de scène Max Van de Voorde et Solange Acosta.
Bon.
Mais ce fut bien les musiciens qui ont été à l’honneur, de façon justifiée, car ils ont été fantastiques et remarquables de talent.
Concert « Piazzolla » avec orchestre à cordes, bandonéon, contrebasse, piano.
Lautaro Greco au bandonéon a été littéralement transporté ce soir-là par la musique de Piazzolla. L’entendre et le voir a été un régal et un bonheur. Le violoniste Fernando Suarez Paz, qui fut le violoniste d’Astor Piazzolla pendant 10 ans est un vieux monsieur maintenant qui a gardé toute son immense sensibilité pour son instrument, mais dont la virtuosité incomparable à l’époque, s’est un peu estompée. Normal. Il reste un très très grand du violon, et les jeunes ont beaucoup à apprendre de lui. L’excellent pianiste Nicolas Ledesma est à signaler aussi, il fait partie du quintette de Fernando Suarez Paz. Pablo Agri au violon est stupéfiant de virtuosité, d’aisance, et de sensibilité. Avec son quartet (un concert avait eu lieu dans l’après midi) Pablo Agri (fils d’Antonio Agri, qui a été aussi un des violonistes préférés d’Astor Piazzolla) est un des tout meilleurs violonistes au monde dans le domaine du Tango. Les autres musiciens de ce quartet ont été Juan Pablo Navarro à la contrebasse, Emiliano Greco au piano et Lautaro Greco au bandonéon.
Les grandes voix du Tango argentin : Raul Lavié et Maria Grana.
Accompagnés par cet orchestre à cordes, Maria Grana et Raul Lavié on été, lors du spectacle « Tango argentino » en 1989 à Paris, des chanteurs et chanteuse réputés. Ils ont gardé leur majesté, et ….leur voix ! Ce qui n’est pas si évident au bout de 30 ans de carrière.
Grande milonga avec l’orchestre Juan Jose Mosalini et Pablo Agri et Fernando Suarez Paz aux violons, Lautaro Greco au bandonéon.
Grande milonga : il faut le dire vite, car elle n’a duré qu’une heure de 1h à 2h du matin ! Néanmoins l’orchestre a été excellent et c’est ce qui compte. Heureusement que quelques couples de danseurs ont pu rester danser.
Conclusion : à part les musiciens et chanteurs qui m’ont enthousiasmée, il faut quand même noter une organisation quelque peu fébrile et peu sûre : ponctualité très limite dans le passage des artistes, et heures de passage pas conforme avec ce qui avait été annoncé par voix de presse et publicités.
Et surtout le problème des spectateurs qui n’ont pas pu rentrer.
Posté dans Les coups de gueule, Les coups de coeur | Imprimer | 1 commentaire »
21.2.2011 par mephisto-tango.
Voici ce qu’écrit un ami Tanguero de Montpellier :
« Je suis un monsieur de 60 ans avec 40 ans de danse derrière moi : danses de salon, danse sportive, danses latines, rock acrobatique dans ma jeunesse et aussi danse sur glace.
J’ai été choqué de voir, aux milongas du festival de Tarbes 2010 (mon 1er festival de Tango auquel je suis allé), de voir autant de femmes laissées pour compte, faisant tapisserie le soir, attendant souvent vainement que quelqu’un les invite.
Je compte aller en 2011, aux festivals internationaux de Tango de Saint Geniez d’Olt, Montpellier, Tarbes et Nice.
Le Festival de Nice semble intéressé par ma proposition, qui est la suivante : pour tous ces festivals, je propose de faire une table spéciale ” Taxi -Dancers gratis ” afin de faire danser toutes ces dames qui n’ont pas de partenaire.
Je n’ai jamais, durant toute ma vie de danseur, observé un tel engouement pour cette danse (le Tango argentin) : une explosion mondiale très significative de l’intérêt qu’elle suscite.
Alors avis à quelques bons tangueros et milongueros, pour donner une petite heure de leur temps aux femmes sans partenaire, le soir dans les milongas, afin qu’ils puissent s’assoir à la table: ” TAXI-DANCERS “.
S’il vous plait, un petit effort messieurs. N’invitez pas uniquement vos copines tangueras que vous connaissez déjà. Danser avec des inconnues peut-être un réel plaisir et vous vous ouvrez à d’autres horizons. N’invitez pas uniquement les belles et jeunes nanas qui vont vous décevoir pendant la tanda, parce qu’elles sont trop peu expérimentées. Les femmes sont les partenaires naturelles de l’homme pour leur plus grand plaisir (plaisirs partagés). Et donc, en compensation de ses plaisirs donnés et partagés, le mâle milonguero, peut-être macho, devrait leur apporter un peu de bonheur le temps d’une tanda.
Je remercie très chaleureusement tous ceux qui accepteront cet appel, et surtout tous ceux qui rentreront dans le jeu…..
Bien à vous »
Patrick Dupré - Montpellier
Posté dans Les coups de gueule, Les coups de coeur | Imprimer | 19 commentaires »
24.1.2011 par mephisto-tango.
Michelle Olhagaray, l’organisatrice de la milonga parisienne « Bahia Blanca », l’a annoncé hier soir, la milonga Bahia Blanca clôt ses portes définitivement le 23 janvier 2011, au lieu du 30 janvier 2011, annoncé initialement. Les gens se posent des questions, pourquoi fermer 1 semaine avant, par rapport à la date prévue ? C’est que Michelle ne peut pas faire autrement, compte tenu des mauvais rapports avec le responsable de la salle.
Tout le monde était triste. Cette milonga mythique désormais n’existera plus.
Et comme le hasard quelquefois ne dirige pas les choses toujours favorablement, la dernière démonstration de cette milonga hier soir a été une démonstration dansée en solo, alors que Bahia Blanca était consacré au Tango argentin, danse à deux par excellence. Comme un pied de nez à la destinée de cette milonga, Gilles Cuena a dansé, seul, de façon très convaincante, une composition de Gerardo Jerez Le Cam à forte connotation Tango. Seul, pas tout à fait si on fait référence à une chaise, qui lui sert de confidente, de partenaire. La chorégraphie était intitulée « El Macho con Esperanza ». Si on pouvait bien définir le côté macho de cette chorégraphie, par contre l’espérance était absente. C’était même tout l’inverse. Il y avait un côté désespérant puisqu’il meurt à la fin, et qu’en cours de chorégraphie, Gilles sort un couteau de sa poche, après une colère non feinte. Colère dirigée incontestablement contre la nana qu’il attend, apparemment en vain. La danse révélant l’âme du danseur, que peut-on déduire du couteau, de la colère, de la mort ? Le couteau sorti par l’expression de la colère est-il représentatif d’un règlement de compte contre la Femme ? La mort finale est-elle la révélation suprême qui le délivrera de ses démons ?
Et puis si l’on en arrive à la fermeture définitive de Bahia Blanca, cette mort symbolique ne se superpose t-elle pas à celle de la milonga ?
Posté dans Les coups de gueule, Les coups de coeur | Imprimer | 2 commentaires »
7.10.2010 par mephisto-tango.
Dans le film Tangueando (dont je parle sur le précédent article de ce blog), Eric Schmitt parle de l’approche du Tango comme étant : « l’avant ou l’après divorce ». Cela mérite une réflexion soutenue pour tenter d’expliquer cette opinion qui, chacun peut le constater, peut être assez proche de la réalité.
Malheureusement, je ne crois pas qu’il existe des statistiques fiables comparant les taux de divorces et de ruptures sentimentales, entre les différentes danses, et dans la vie habituelle « normale » sans danse. Malgré cela, il est fort probable que le taux de divorces et de ruptures dans le Tango argentin est élevé, aussi bien dans le milieu professionnel que dans le milieu amateur. La Salsa cubaine et portoricaine peut-être, peut rivaliser.
Qu’est ce qui peut expliquer cette inflation de divorces et de ruptures ?
D’abord, la culture intrinsèque du Tango qui reflète, de façon exacerbée, le mal-être chronique des gens, mal-être devenu quasiment génétique, venant de l’émigration ressentie extrêmement douloureusement par les aïeux, et que portent les générations suivantes. Le déracinement et le désespoir du pays natal perdu se sent à travers toute la musique Tango, même si les paroles des Tangos ne sont pas forcément comprises dans les pays non-hispanophones. Ce mal-être intense : « je ne me sentais bien nulle part dans ma vie », l’exil, la nostalgie, la non-appartenance à quoi que ce soit, la mélancolie fondamentale, les plaintes, tout cela représente le ferment pour une quête d’identité, pour une recherche sans fin de nouveaux chemins, de nouveaux amours : « la vraie vie est ailleurs ». On peut noter que le nombre de psys à Buenos-Aires est inimaginablement élevé, et ce simple fait est significatif.
L’Après divorce :
Quoi d’étonnant alors, que des hommes et des femmes, en rupture sentimentale douloureuse, se sentent en adéquation spirituelle, inconsciente probablement, avec le Tango, « pensée triste qui se danse » ? De nombreuses personnes viennent ou reviennent au Tango après leur divorce, dans l’espoir de trouver une âme sœur dans le même état d’esprit qu’eux, et dans la même communion, portant chacun en eux, leur « boulet » de douleur : leur mal-être qui est la clé de la compréhension de ce phénomène. L’espoir d’être compris dans le milieu du Tango est certainement plus fort que partout ailleurs. Je me souviens d’une parole de Silvia Lallana la chanteuse argentine, qui à Tarbes cette année a dit à son public : « si nous sommes là tous ensemble ce soir, c’est que nous portons tous la même pensée dans le cœur ». Chacun cherche à être libéré de sa douleur dans ce milieu Tanguero, et en sortir, grâce à l’autre, qui est probablement pareil. Quête sans fin et inutile de l’Absolu à travers l’autre…..Alors que cette quête du bonheur doit se rechercher en soi-même.
L’Avant divorce :
Alors que voyons-nous quelquefois dans les milongas ? Des hommes et des femmes en quête d’absolu à travers un autre très hypothétique, ou bien des couples qui souvent ne se comprennent pas sur la piste, qui ne sont pas à l’écoute l’un de l’autre. La proximité des corps fait que quelquefois des ressentis de jalousie et/ou de possession surviennent, et que les problèmes de couple arrivent alors, à cause d’une intolérance excessive. Une dispute avant la milonga, et la milonga est foutue. Et si l’un des deux s’arroge le droit de danser avec d’autres, c’est le drame. « Pourquoi tu danses avec ce conn….., il fait ceci, ou il fait cela ! » n’est qu’un exemple entendu dans une milonga.
L’émancipation féminine et les invitations faites par les femmes maintenant (en Europe) font que certains hommes se sentent menacés dans leurs prérogatives de macho, de dominateurs. Le machisme alors devient inutile et passéiste, et ces hommes se sentent alors très abusivement dévalorisés, rabaissés, voire méprisés par leur compagne. Si la notion de domination masculine est profondément ancrée chez un homme, la souffrance engendrée par la non soumission de sa femme à ses propres exigences, est énorme. Si la femme se soumet, et se dépersonnalise pour se fondre aux exigences de son conjoint, on peut supposer que le couple va durer, peut-être. « Je ne peux pas » est un exemple de soumission féminine (entendu dans une milonga) face à l’invitation à danser d’un homme autre que son mari, révélateur de l’interdiction de danser faite par le conjoint de cette femme invitée. Si une femme accepte toutes les invitations à danser, par gentillesse, par devoir ou par obligation, c’est « l’avant divorce » avec toutes ses conséquences néfastes : disputes, incompréhensions et remise en cause des sentiments. Une solution serait que la femme reste chez elle, pendant que lui irait danser, ou bien que la femme arrive dans la milonga en burka ! Pour éviter tout risque d’invitation inopportune…..La solution pour avoir la paix consisterait aussi à rester en arrière de la milonga, pour ne pas être vue, et donc pour n’être pas invitée ! Mais est-ce une bonne solution ?
Inversement, le harcèlement d’un homme par sa femme, parce qu’il a trop dansé, selon elle, avec des femmes étrangères (ou non) au couple, est également vu. Souvent. Scènes de jalousie, frustrations de ne pas assez danser chez ces femmes, sentiments de trahison, suspicion d’adultère…… Egalement on peut voir certaines femmes qui s’imposent trop en invitant agressivement des hommes accompagnés !
Les danseurs et danseuses de Tango brûleraient-ils tous dans les flammes de l’enfer, dès l’instant où ils mettent les pieds dans une milonga ? On pourrait le croire, au vu de ses quelques exemples !
Posté dans Les coups de gueule | Imprimer | 33 commentaires »
15.1.2010 par mephisto-tango.
Décidemment, l’interview de Chicho dans le Revue El Tangauta de décembre 2009 provoque un raz de marée dans la communauté Tanguera, et suscite une polémique acerbe.
C’est comme si on était replongé plus de 10 ans en arrière, quand Chicho est arrivé à Paris pratiquement inconnu en France (Pablo Veron venait juste de partir travailler aux Etats-Unis) et qu’il a été très fortement contesté par des danseurs traditionnalistes qui voyaient en lui un extra-terrestre qui ne savait pas danser le Tango, c’est du moins ce qu’ils pensaient.
Cette haine ressurgit aujourd’hui.
Entre son arrivée à Paris il y a plus de 10 ans, et aujourd’hui, Chicho a fait son chemin fort heureusement. Connu dans le monde entier, ayant travaillé, enseigné, dansé partout, il est devenu une star mondiale du Tango, comme le sont Pablo Veron ou Gustavo Naveira, et il a gagné sa vie fort honorablement, grâce à ses talents artistiques liés au Tango.
Si Chicho est devenu une star mondiale du Tango, ce n’est pas pour rien ! Comment peut-on devenir star mondiale sans avoir aucun talent, sans savoir danser ? Et qu’on ne me dise pas qu’il a été jeté sur le devant de la scène par je ne sais quel mécène plein de fric, lui qui a toujours été farouchement indépendant et rebelle.
C’est là le paradoxe insensé, les Traditionnalistes il y a 10 ans le conspuait parce qu’il « ne savait pas danser et que ce qu’il faisait n’était pas du Tango», et aujourd’hui les Traditionnalistes le conspuent encore parce qu’il a osé avouer humblement, dans son interview, qu’il n’a pas su transmettre à ses élèves l’essence du Tango, et donc, selon eux, Chicho a trompé tous ses élèves.
Il y a 10 ans on reprochait à Chicho son modernisme extrême, et maintenant que Chicho revient dans le rang, qu’il renoue avec la Tradition et ses codes, on le conspue encore ! Les Traditionnalistes devraient être contents au contraire, ils devraient même l’accueillir les bras ouverts …..
Que pourrait faire cet homme pour qu’il soit respecté et pour qu’il soit apprécié à sa juste valeur ? Il faut beaucoup de courage pour avouer à la planète entière que l’on s’est trompé dans son enseignement. Il faut beaucoup de courage et d’humilité aussi ! Chicho a fait preuve là de sa franchise et de son honnêteté. C’est tout en son honneur !
J’ose espérer que les gens des autres pays, y compris en Argentine, ne réagissent pas comme certains Français. Qu’ils voient les choses simplement, qu’ils voient le fait qu’un homme puisse se remettre en question, qu’il réfléchisse, qu’il fasse un bilan de son passé artistique et qu’il puisse en tirer enseignement et bénéfice intellectuel, pour lui-même et pour tous ceux qui le soutiennent depuis le début.
J’ose espérer aussi que Chicho gardera son côté rebelle et sa force de caractère, comme Piazzolla, pour continuer son chemin, envers et contre tout.
Posté dans Les coups de gueule | Imprimer | 5 commentaires »
30.4.2009 par mephisto-tango.
L’autre jour, des femmes que j’ai rencontrées en Province, me disaient qu’elles ne venaient plus à Paris dans les milongas car, venant seules, elles ne sont pas invitées et s’en repartent chez elle, sans avoir dansé une seule fois de la soirée. Avec la frustration et le mécontentement dans le cœur, et avec la nette sensation d’avoir perdu leur temps (et leur argent bien sûr, le voyage y étant pour beaucoup).
Et puis, j’ai lu aussi dans une interview d’un danseur professionnel de Tango, que celui-ci est satisfait quand il danse juste une seule et unique magnifique tanda dans sa soirée.
Si dans le premier cas ces danseuses ont eu la sensation de perdre leur temps, dans le deuxième cas au contraire, le fait de danser une seule belle tanda de toute la soirée ravit ce danseur, et lui donne la sensation de n’avoir pas perdu son temps. Tant mieux pour lui.
C’est là tout le paradoxe des milongas où l’on vient, en principe, pour danser. Dans une soirée où un DJ diffuse une musique pendant 5 ou 6 heures de suite, et où le nombre des tandas est conséquent, certaines femmes ne dansent pas du tout, pendant que des hommes semblent satisfaits de ne danser, magnifiquement je n’en disconviens pas, qu’une tanda.
De là, pouvons nous penser que ces femmes seraient idéalement satisfaites aussi, si elles n’avaient dansé qu’une seule et unique tanda dans une seule soirée ?
Peut-être. Une fois c’est mieux que rien. Mais je n’en suis pas persuadée.
Néanmoins, en admettant que danser 1 belle tanda dans sa soirée est satisfaisant, comment pourrait-on faire pour que les femmes qui viennent de loin puissent danser 1 fois dans une soirée ?
Probablement en étant plus sociable et moins égocentrique, non ?
Posté dans Les coups de gueule | Imprimer | 17 commentaires »
1.4.2009 par mephisto-tango.
El Pibe Sarandi est un charmant Monsieur de 64 ans qui enseigne et représente le Tango Milonguero depuis ……des dizaines d’années. Nous ne remettons certes pas en cause sa façon de danser d’autant plus que son style de danse correspond parfaitement à la rythmique « traspié » de la milonga, et ça c’est plutôt génial.
Mais en page 2 de cette interview nous lisons : « Dans certains cas, il y a des filles qui dansent avec n’importe qui et ce n’est pas comme ça ! Si tu veux t’améliorer, tu dois danser avec quelqu’un qui en sait plus que toi ! »
Personnellement je n’ai pas apprécié ce passage où il dit que quand une fille l’invite à danser, il refuse, sous prétexte qu’une fille ne doit pas danser avec n’importe qui. Evidemment il ne s’inclut pas dans le « n’importe qui » puisqu’il ajoute « dans certains cas ».
Fait-il la séparation entre hommes et femmes ? Se donne-t-il, lui, l’autorisation d’inviter à danser des femmes moins « savantes » que lui ? Ou alors, pense t-il qu’il a tout appris, qu’il ne peut plus s’améliorer, à tel point que ce n’est plus possible de trouver quelqu’un qui en sait plus que lui ? Ce qui l’obligerait alors à danser avec des femmes moins « savantes », ou à ne plus danser du tout, jugeant que les femmes présentes dans la milonga ne valent pas le coup…..
Inversement la femme qui souhaite danser puisqu’elle est venue pour cela, doit-elle, si l’on en croit Monsieur El Pibe Sarandi, faire tapisserie des heures et des heures, en refusant les invitations de tous les hommes qui seraient susceptibles d’en savoir moins qu’elle ?
Faire tapisserie des heures et des heures en attendant le Prince charmant qui serait susceptible d’améliorer la façon de danser de cette dame ne m’apparait vraiment pas comme étant la bonne solution. Cette dame risque d’attendre longtemps, et d’autant plus longtemps qu’elle est elle-même expérimenté. Plus elle est expérimentée, plus elle attendra une invitation qu’elle daignera accepter. Quitte à ne pas danser du tout de la soirée. Et cette dame qui voudrait s’améliorer en sélectionnant ses danseurs, à ses yeux les meilleurs, au contraire régressera dans sa technique et son ressenti, puisqu’elle dansera de moins en moins ! Le résultat sera donc l’inverse de ce qu’elle attendait au départ.
Bah, puisque Monsieur El Pibe Sarandi le dit, c’est que ce doit être vrai, non ?
Entre nous, si ce n’est pas de l’élitisme ça, ou de l’égo surdimensionné…….
Quand je rencontre des hommes ou des femmes très expérimentés et très « savants »dans le Tango, professionnels ou amateurs, et qu’ils restent simples, sans narcissisme, sans prétention (et c’est loin d’être la majorité), ça me repose…… Et là je me sens bien.
Je ne crois pas que je me sentirai bien avec Monsieur « El Pibe Sarandi ». Même s’il en sait dix mille fois plus que moi.
Posté dans Les coups de gueule | Imprimer | 1 commentaire »
25.2.2009 par mephisto-tango.
Article écrit sur la base du témoignage récent d’une de nos adhérentes Mephisto Tango
Comme tout le monde le sait, dans presque tous les cours de Tango argentin, il y a généralement quelques femmes qui arrivent sans partenaire. Cela crée parfois un léger déséquilibre dans le nombre hommes- femmes, déséquilibre qui est généralement compensé par le fait que les couples peuvent changer de partenaire, à la demande du professeur. Les personnes seules, ainsi, peuvent profiter de l’enseignement de leur maestro préféré. Grâce à un bon esprit, en général tout se passe très bien.
La règle habituelle est différente dans les stages avec Pablo Veron, dans lesquels nous sommes tenus d’équilibrer les cours. Pourquoi ? Parce que les cours de Pablo Veron sont très demandés, ils sont complets très rapidement après avoir été annoncés. Et l’aura de la star auprès de la gent féminine fait que nous avons bien plus de femmes s’inscrivant seules que d’habitude (plus d’une dizaine par cours). Nous faisons le maximum pour leur trouver des partenaires masculins s’inscrivant seuls, mais les cours sont totalement remplis avant qu’elles ne puissent être toutes satisfaites …
Bref, la situation a encouragé certains mâles opportunistes à proposer leurs services, en tant que danse boys, à ces femmes seules.
A Buenos-Aires, cette pratique existe, aussi bien dans les milongas que dans les cours. Certaines femmes seules, là-bas, louent des « assistants », en général de bon niveau, soit pour les faire danser dans les milongas, soit pour prendre les cours des maestros renommés. Le CITA en est un bon exemple. Là-bas, cette pratique n’est pas mal vue. Je crois bien cependant, mais je peux me tromper, que c’est la première fois à Paris que nous voyons cela. Et même en France.
Quand ce phénomène est librement consenti entre partenaires, je ne vois rien à redire, que ce soit dans un sens ou dans l’autre (la femme choisit et invite son partenaire auquel elle paie ses cours, ou inversement).
Mais que faut-il penser quand ce phénomène est employé par des professeurs, qui demandent à des femmes seules de leur payer leur cours avec Pablo Veron, moyennant une remise sur les cours ou training (je cite) qu’elles sont invitées ensuite à suivre avec eux ?
Les femmes seules, doivent-elles accepter ce genre de propositions sous peine de ne pouvoir assister aux cours avec Pablo Veron ? Pouvons nous faire plus et mieux que de procéder selon la règle du : “première inscrite, première servie” sur les listes d’attente ? Appliquer la loi de l’offre et de la demande est-il moralement acceptable ?
Que les femmes seules qui n’ont pas pu entrer dans les cours de Pablo Veron trouvent ici l’expression de toutes nos excuses, croyez que nous en sommes très peinés. Il est vrai que c’est profondément injuste. Nous cherchons à réduire cette injustice le plus possible en cherchant de notre côté des hommes seuls, et ce n’est guère facile, entre les gens qui disent qui viennent et ceux qui ne viennent pas …
Notre politique n’est pas de faire de la ségrégation entre les gens seuls et ceux qui ne le sont pas. Nous souhaitons vraiment continuer à ouvrir les inscriptions aux personnes seules dans les stages avec Pablo Veron.
Jusqu’à présent, tout le monde a joué le jeu. Les femmes comme les hommes, seuls (es) ou non. J’espère simplement que l’appât du gain chez certains profiteurs opportunistes ne gâchera pas l’atmosphère chaleureuse et conviviale qui a toujours été de mise dans l’association Mephisto Tango !
Par ailleurs, notre expérience de 7 années déjà, a démontré que nous fonctionnons très bien tant que le déséquilibre entre hommes et femmes ne dépasse pas 5 personnes, que ce soit dans les cours avec Pablo Tegli ou dans les Ateliers. Nous pensons donc continuer à fonctionner de la sorte en continuant à encourager et à inviter ceux qui ont « la chance » d’avoir des partenaires, d’accepter volontiers de changer de partenaire dans la mesure du raisonnable.
Posté dans Les coups de gueule | Imprimer | 2 commentaires »
15.10.2008 par mephisto-tango.
Depuis des années et des années que je fréquente les milongas, je me suis toujours posée la question de savoir pourquoi, (moi qui ne refuse jamais de danser, même avec des inconnus) certaines très bonnes danseuses de haut niveau en Tango argentin, refusent très souvent de danser avec des hommes inconnus (ou presque) qui les invitent.
Vous allez me répondre, si vous êtes dans ce cas de figure mesdames : « c’est notre droit de refuser l’invitation ». Certes, c’est votre droit. Mais pourquoi refusez-vous, si vous n’êtes pas malade, ou si vous n’avez pas mal aux pieds, ou si vous n’êtes pas fatiguée, de danser avec un homme qui vous invite ? N’êtes-vous pas là pour danser ? Avez-vous peur de vous ennuyer dans ses bras, si cet homme n’est pas un suffisamment bon danseur à votre goût ? Avez-vous peur d’être brutalisée ? N’avez-vous pas confiance en vous ? Ou à l’inverse, êtes-vous définitivement snob et prétentieuse, au point de juger que votre niveau est tellement élevé que seuls les tout meilleurs danseurs de Paris trouvent grâce à vos yeux ? Recherchez-vous le Prince Charmant, et tant que celui-ci ne vous a pas invitée, vous refusez toutes les invitations, de peur de louper celle qui vous ferait chavirer de plaisir ? Attendez-vous votre tour patiemment, pour qu’un super danseur vous invite ? Pensez-vous que de danser avec un homme de niveau inférieur au vôtre, abimerait votre style ? Ou bien voulez-vous uniquement vous, inviter vous-mêmes les hommes de votre choix ?
J’ai vu très récemment un jeune homme se faire « jeter » très cavalièrement par une jeune femme, alors que ce jeune homme, au demeurant très bon danseur, au physique agréable, bien élevé, gentil et attentionné, possédant un abrazo excellent, invitait poliment une jeune danseuse de très haut niveau. Quelle mouche a piqué cette femme pour refuser ? J’étais très gênée pour elle et à la limite j’avais honte pour elle. Elle était seule et il n’y avait pas, apparemment, de possibilité de jalousie de la part d’un conjoint éventuel. Si cette femme était de mauvaise humeur, c’était le bon moyen de prendre la vie du bon côté en dansant, sûrement très bien avec lui.
Une milonga est un lieu d’échange, de partage, c’est un lieu social où tous les milieux se rencontrent grâce à la danse. C’est un milieu où hommes et femmes se rencontrent. L’apprentissage dans le Tango argentin ne s’arrête jamais car tout le monde, sans exception, a appris à danser, apprend encore et apprendra toujours car les possibilités dans le Tango sont infinies. Danser dans les milongas apporte beaucoup, danseurs doués comme danseurs peu doués. Danseuses douées comme danseuse peu douées. Alors pourquoi ne pas jouer le jeu mesdames, alors qu’en France maintenant nous voyons de plus en plus les dames inviter elles-mêmes les danseurs, et que ceux-ci acceptent les invitations de plus en plus facilement ?
Si maintenant nous pouvons remercier les hommes d’accepter les invitations, nous les femmes, ne nous laissons pas entrainer dans cette mauvaise voie qui est de refuser de danser pour des raisons obscures. Les hommes ne méritent certainement pas cela.
Posté dans Les coups de gueule, Les milongas | Imprimer | 25 commentaires »
12.9.2008 par mephisto-tango.
Vu l’important battage médiatique consacré à ce spectacle de Tango (télés, radios, articles de presse, affiches dans Paris), compte tenu du marketing - carrément un matraquage- effectué par la production de ce spectacle partout dans le monde, on pouvait s’attendre légitiment à un spectacle exceptionnel. Vu le tarif élevé des places bien situées au Théâtre du Chatelet (86 €, tout de même !), vu la difficulté pour acheter ces places (le Théâtre est quasi complet tous les jours), je me suis dit : « ça doit être extraordinaire ! ». C’est dire si j’y suis allée de bon cœur.
Et mon impression générale est mitigée.
Ce spectacle s’est voulu être une comédie musicale sur le Tango, mais je n’ai pas entendu de dialogue parlé entre les protagonistes. Je n’ai vu que des danseurs qui dansent. Et qui ne chantent pas. Et qui ne jouent pas la comédie. Je n’ai vu qu’une chanteuse qui ne danse pas mais qui chante 2 chansons. Par contre, et ça s’est bien, la traduction en Français des chansons s’affichait sur un écran situé tout en haut de la scène.
Comédie musicale ? Non, pas exactement. Mais il y avait une histoire, il y avait des décors sobres, des éclairages excellents, des costumes, de la musique de Tango dont les arrangements très modernes (Trop ? Quelquefois Jazzy et trop rapides) ont été écrits de la main de Lisandro Adrover.
Ce spectacle se voulait être une révolution avec un concept complètement nouveau. Un traitement de choc. Un dépoussiérage. Une comédie musicale façon Broadway. Hum…Je n’ai rien vu de cela. Ce spectacle se voulait être sans clichés liés au Tango. Vraiment ?
L’histoire ? Une jeune Française débarque en Argentine et se fait alpaguer par un souteneur qui l’oblige à se prostituer. Mais cette Française est amoureuse d’un jeune homme qui travaille au port de Buenos Aires. On peut prévoir alors une bagarre au couteau entre les deux hommes, non ? Gagné. A quoi peut-on s’attendre encore ? Au bordel ? Gagné. Aux femmes qui font le tapin ? Gagné. Aux clients de ces femmes qui sont au bordel ? Gagné. Au ballet entre les hommes de mauvaise vie et les bons travailleurs du port ? Gagné.
Alors j’attends toujours la révolution ! Et aussi l’absence de clichés……
Par contre les chorégraphies de Mora Godoy sont très intéressantes, même si elle a préféré jouer dans le spectaculaire à l’extrême, dans la rapidité des mouvements et des acrobaties. Ce spectacle dansé est « enlevé » sans aucun temps mort, et certains ballets de groupe sont esthétiquement très beaux et expressifs. Les éclairages sont, dans cette affaire, d’une importance extrême, et réussis.
Les danseurs et danseuses viennent du classique, du folklore, du modern jazz, et se sont mis au Tango avec un bonheur plus ou moins grand. Personnellement j’ai préféré les hommes (et pas forcément parce qu’on en voyait certains torse nu – et oui, ça peut attirer) qui étaient plus dans l’écoute de la musique et de la partenaire.
Que dire de Maria Nieves ? Elle jouait le rôle de la maquerelle. Elle a dansé deux Tangos avec une joie non feinte. Evidemment pour la technique, on repassera (elle a 70 ans…) mais elle a une énergie qui donne du baume au cœur. Son élégance et son déplacement sur scène, rien qu’en marchant, sont remarquables, portés par des jambes de toute beauté.
En conclusion, ce spectacle est vif, énergique, rapide, dynamique, bien réglé. Mais il manque la nostalgie, le sentiment, l’émotion et la sensualité en définitive. L’accent est mis sur la technique spectaculaire de la danse mais il n’y a rien, dedans, de ressenti et de profond. C’est dommage. C’est d’autant plus dommage que je sais qu’il est possible d’allier spectaculaire, technique et sentiment. J’ai déjà vu.
Posté dans Les coups de gueule | Imprimer | 2 commentaires »