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22.9.2010 par mephisto-tango.
Ca y est les amis, depuis que j’annonçais sur ce même blog en 2009 la sortie du film réalisé à Toulouse par Carmen Porras et Daniel Cobarrubias : Tangueando, j’ai enfin fini par le voir par l’intermédiaire d’un DVD, ce film étant désormais commercialisé.
Images très belles (regardez les deux danseuses Marina et Natalia qui dansent ensemble, leurs jambes, leurs chaussures, leur environnement), éclairages subtils et chaleureux, mise en situation des personnages, cadrage, super musique originale de Roberto Navarro, tout est fait pour faire rêver sur le Tango et sur ses participants. Ce film s’adresse à des spectateurs pas forcément danseurs, mais il s’adresse aussi à des danseurs chevronnés car il y a là matière à réfléchir, à se remettre en question dans la manière d’appréhender le Tango dansé, à travers le sentiment, la séduction, et le ressenti de l’autre. Trouver l’âme, trouver l’essence, ce film, avec des séquences remarquablement intelligentes dans leurs propos, apporte incontestablement un plus dans la compréhension du « pourquoi » et du « comment ».
Des amateurs, jeunes et moins jeunes, donnent leurs explications sur le Tango dansé : la façon de s’enlacer par exemple, expliquée par Luce et José, selon leur propre vécu. Ray Bardgett, le trésorier de l’association raconte combien il a eu du mal avant de pouvoir trouver un plaisir à danser au bout de 5 ans d’apprentissage, avec sa femme Diana. Nuria Bueno, danseuse de Tango, prof de yoga et de massages, cite un article paru aux USA, disant que « les mâles danseurs sont plus recherchés parce que leurs spermatozoïdes sont plus puissants ! La danse, c’est l’accouplement…… » Pour elle, danser c’est partir en voyage, c’est une aventure avec un homme qu’elle découvre. C’est trouver une communion dans laquelle l’espace, le temps est aboli. Elle utilise le terme : « orgasme cosmique »…. « C’est une quête, ce sont des moments qui donnent toutes les couleurs à l’existence ». Yves utilise les termes : douceur, plaisir et volupté pour qualifier sa quête à travers le Tango. Pour lui c’est une recherche de l’Absolu, du sacré au sens premier du terme.
Parmi les professionnels on reconnaitra un Pablo Tegli très inspiré, passionné par ce qu’il fait et ce qu’il vit. On le voit généreusement s’exprimer verbalement (je vous laisse la surprise de découvrir son propos très drôle sur la séduction : règle d’or du bon danseur de Tango), on le voit danser seul (quelle technique !!), et on le voit aussi (heureusement) danser avec des partenaires, en démonstration improvisée et aussi avec ses élèves à l’association toulousaine Tangueando. Il est incontestable qu’il a en lui, dans son corps et dans son esprit, un fabuleux don pour le Tango. Son relâchement, sa façon de se déplacer au sol, sa créativité, sa douceur et son écoute de la partenaire, en dehors de sa technique impeccable font de lui un danseur de Tango moderne de tout premier plan, avec en plus chez lui une grande humilité. Cela mérite d’être signalé car c’est loin d’être fréquent dans ce milieu où chacun pense qu’il est le meilleur. Lui aussi, comme tous les Argentins dans ce film, pense que : « il faut être là pour sentir, et non pour faire des figures. Il s’agit uniquement d’être deux Argentins qui ne se connaissent pas mais qui comprennent les paroles des Tangos, qui comprennent sa signification, et qui partagent ce moment avec quelques petits pas. Mais ça vient des tripes, il n’y a point de démonstration, c’est un dialogue ».
Marina Carranza, danseuse professionnelle argentine, donne son ressenti face à la danse quand elle a dansé avec un homme de 75 ans dont elle est tombée amoureuse: « Qu’est ce que c’est beau qu’on te prenne dans les bras ! » Natalia Bearzotti, autre danseuse, parle de complicité et de jeu. Marina ne s’intéresse pas vraiment au mouvement lui-même mais plutôt à ce qui précède. « Le pas est un élément qui doit emmener vers autre chose ». « C’est comment sentir, comment interpréter dans le rythme, pas dans la figure ni la forme que tu fais ». « Je suis contre la consommation du Tango ». « L’important n’est pas ce que je fais, mais comment je le fais ».
Autre personnalité notoire, celle d’Eric Schmitt, chroniqueur à la dent dure de la revue bien connue « Tout Tango ». D’accord il a la dent dure, mais toujours sous le sceau de la dérision et de l’humour. Alors, on lui pardonne tout, même s’il exagère quelque peu ! Là dans ce film il parle sans détour de sa relation au Tango : « avant ou après le divorce » (Brrrrrrrr…..cela fait peur, mais a-t-il vraiment tort ?) et de son sentiment d’addiction au Tango à cause des endorphines ! Il y croit en la magie de l’instant, on sent qu’il l’a vécu. En tout cas il danse bien le bougre, et sa partenaire Annabel n’a sûrement pas à s’en plaindre (à quand le divorce ?). Il parle également du choix qui s’impose quelquefois dans la vie, et que le Tango s’impose de lui-même, comme une évidence. Annabel dit une chose très juste, qui est que de travailler avec la même personne c’est bien, mais que c’est aussi s’enfermer dans un Tango, et donc cela ne devient plus de l’improvisation parce qu’elle sent ce qui va venir de son partenaire. Elle dit aussi : « je viens de découvrir que simplement marcher peut être absolument fabuleux ».
Citons les bonus sur Coralie Gayrard, pianiste et sportive en arts martiaux (aïkido). Elle dit son émotion d’avoir dansé avec Pablo Tegli…… (Et oui, on peut comprendre !). Autre bonus sur l’organisation d’une milonga avec orchestre.
Mon but n’est pas de dévoiler ce film dans les moindres détails, ce n’est pas possible car il y a trop de choses intéressantes, mais c’est plutôt de vous donner l’envie de le voir, car il y a des moments formidables.
Voici quelques liens :
Tangueando-lefilm.blogspot.com
Tangueando.fr
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20.9.2010 par mephisto-tango.
Un internaute de ce blog a fait une proposition plutôt alléchante, afin que des dames venues seules dans les milongas et ne désirant pas faire tapisserie toute la soirée, puissent être invitées. Ce charmant monsieur de Montpellier suggère l’idée de créer dans toutes les milongas, une table spéciale où des hommes seraient installés et seraient à la disposition de ces dames pour danser, et ce, bien sûr, gratuitement.
En effet, tout le monde a remarqué que le nombre de femmes est bien supérieur à celui des hommes dans les milongas, et que la frustration engendrée par le manque d’invitations chez ces femmes, est énorme. C’est un phénomène qui dure depuis des lustres, sans que l’on ait pu trouver un remède efficace. Que faire ?
En faisant des recherches sur Internet, j’ai pu constater qu’il existe une association en France de danses de salon, qui propose gratuitement des taxis boys quand l’orchestre de l’association s’en va jouer dans les bals. Apparemment cela fonctionne. Cela marcherait-il, en l’adaptant, pour le Tango argentin ?
En imaginant ce que cela pourrait être, ces messieurs, ayant pour mission de faire danser les femmes seules, doivent-ils inviter uniquement, ou à l’inverse, se faire inviter (en n’ayant pas le droit de refuser) ? Que ce passerait-il alors si l’un d’entre eux refuse l’invitation ? Dans le cas où seuls ces messieurs invitent, que ce passerait-il si une femme est oubliée, et qu’elle le fasse savoir ?
Ces taxis-boys normalement devraient avoir un bon niveau de danse, sans être véritablement des professionnels. Accepteraient-ils alors d’avoir une débutante dans les bras ? Accepteraient-ils de faire abstraction d’une non-attirance physique pour certaines femmes qui voudraient danser avec eux ? En résumé et en définitive, seraient-ils capable d’altruisme ?
Autre chose : la jalousie est malheureusement bien présente dans cette danse qui se veut être très proche, voire intime. Les femmes (légitimes ou non) de ces taxis boys, accepteraient-elles que leurs hommes ne s’intéressent pas à elles le temps d’une milonga, pour s’intéresser à d’autres femmes et les faire danser ? Les femmes de ces taxis-boys, ne deviendraient-elles pas alors, elles aussi des femmes surnuméraires ? Faudrait-il que les taxis-boys soient uniquement des célibataires, et qu’ils viennent seuls, eux aussi, dans les milongas ?
On le voit : le problème n’est pas simple. En France et à Paris notamment, dans les guinguettes des années 30 et 40, les femmes seules qui voulaient danser se payaient le luxe de rémunérer des « danseurs mondains ». Faudrait-il en venir là pour résoudre l’équation : femme seule = risque de ne pas danser ?
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