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Université d’été : Conférence de Juan Carlos Caceres sur l’Histoire de la musique Tango

Il est difficile de répéter là tout ce qu’a dit Juan Carlos Caceres (www.juancarloscaceres.com) sur l’Histoire du Tango, car il a parlé près de deux heures, mais par contre je peux insister sur ce qui me semble être les points importants. Accompagné de son clavier électronique, il a brossé l’Histoire, tout en insistant sur les changements notoires dans la musique Tango, selon les événements sociaux, politiques, selon les influences musicales des autres pays, selon les musiciens eux-mêmes.

Au début, vers les années 1880, la négritude du futur Tango ne fait aucun doute : le Candombé était le rythme des noirs à cette époque. Arrive du sud du Brésil la milonga, et le mélange des deux donne une milonga rapide et rythmée qui s’encanaille avec l’apport du tambour comme instrument de percussion. Cette milonga peut être dansée.

Le premier Tango écrit a été « El Entrerriano » de Rosendo Mendizabal en 1897, à Buenos-Aires. Le rythme était plus rapide que les Tangos d’aujourd’hui, avec une cadence Habanera venant de Cuba. Tous les Tangos jusqu’en 1920 sont rapides (Tangos de Villoldo, Bardi, Arolas), avec l’influence du Jazz et du Rag-Time (Scott Joplin) venus des USA.

A partir de 1880, l’immigration massive d’hommes jeunes et seuls provoque un métissage de la population et dès 1900 les enfants de ces immigrants peuvent jouer le Tango. Si le Tango était à cette époque gai et festif, avec le temps et l’immigration le Tango est devenu triste et le tempo, de rapide, est devenu plus lent. Surtout avec l’apparition du bandonéon venu d’Allemagne, dès 1920 le bandonéon est accepté dans tous les orchestres. Eduardo Arolas, bandonéoniste de la Guardia Vieja, a changé le rythme et a introduit l’« arrastre ».

Autre changement : l’harmonie de la musique classique devient une harmonie de Jazz venant des USA. Agustin Bardi écrit ses Tangos façon Jazz. Juan Carlos Cobian va aux Etats Unis en 1920 et revient en faisant aussi des changements d’harmonie Jazz. Dans les années 30, l’influence du Jazz est patente. Avec la crise de 1929, le Tango devient plus triste, plus lent, plus dramatique.

Dans les années 1940 Carlos Di Sarli lie le côté rythmique avec des harmonies plus riches.

Selon Juan Carlos Caceres le Tango s’arrête en 1950, pour des raisons politiques (les militaires), pour des raisons d’invasion de la musique nord-américaine (rock’n roll). A partir de 1950, le Tango est considéré comme : « la lamentation des cocus ».

Jusqu’en 1983 où le spectacle « Tango argentino » a donné une nouvelle jeunesse. Néanmoins on danse surtout sur la musique des années 1940…

De nos jours il existe de nombreux musiciens de talent qui font une musique compliquée, et ces musiciens peuvent être classés en 3 groupes :
- Tendance « vieux jeu » : reprise des Tangos classiques
- Tendance « fusion » : jazz, rap, techno, rock
- Tendance « réappropriation du passé » : à la manière de

Toujours selon lui, Astor Piazzolla est un « épiphénomène »……Mais il a influencé des musiciens virtuoses.

Ensuite Juan Carlos Caceres parle de la construction musicale des Tangos. Tous les Tangos sont construits en mode mineur. Avec, en plus une « Tango Nota » qui est la sixte mineure.

Concernant le futur du Tango, il pense que trouver un équilibre entre la complexité de la musique, devenue importante, et l’essence même du Tango, est la difficulté. « Il faut que le tango se ressource dans les sons d’origine », dit-il. Et encore : « Sans mémoire le Tango ne peut exister ». Et encore : « Pas d’avenir avec l’intégrisme », et en guise de conclusion : « il faut se réapproprier le bagage culturel ancien qui est énorme, pour de nouvelles compositions ».

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