Lors de l’Assemblée générale de l’association, des adhérents nous ont demandés d’afficher à l’entrée de la salle de danse, les codes du bal. On a trouvé que c’était une bonne idée.
Mais au-delà du bal, on pourrait également préconiser des « codes de cours » ! L’un et l’autre d’ailleurs, vont ensemble.
PRINCIPE DE BASE POUR LES BALS, PRATIQUES ET COURS
Le principe de base, incontestablement, est le respect d’autrui. Cela fait partie de la bonne éducation, dès l’enfance. Bonne humeur, savoir-vivre, politesse et gentillesse devraient être les maîtres mots, toujours présents à l’esprit des participants, et ce, à n’importe quel moment. Même si en cours, un pas ou une figure n’a pas été bien comprise, et que l’on pense que le responsable c’est le (ou la) partenaire. Même si en bal, on se fait bousculer sévèrement, ou encore marcher sur les pieds. Et, pour les enseignants, même s’ils se font critiquer, dénigrer, ou contredire lors des cours ou ailleurs. Nous vivons tous dans la communauté du Tango, et il est nécessaire de garder en soi, sang-froid et cordialité sous peine de dérives nocives.
Voyons, en détails, les bons réflexes à avoir :
1 °) SUR LA PISTE
Sens de la circulation
Le sens de circulation sur la piste est le sens inverse des aiguilles d’une montre. Et, comme dans la circulation automobile, il existe plusieurs couloirs de circulation, de l’extérieur, à l’intérieur. Plus la piste est grande en diamètre, plus il y aura de couloirs. A l’intérieur sont les danseurs plus lents ou inexpérimentés, et au centre ceux qui voudront danser des figures statiques. Au couloir le plus extérieur sont les danseurs expérimentés qui se meuvent le plus rapidement tout en maitrisant parfaitement leurs mouvements et l’espace. Plus il y a de monde sur la piste, et donc un espace restreint, plus les pas sont petits et l’abrazo fermé pour ne pas risquer de heurter le couple à côté.
Comment pouvons-nous savoir dans quel couloir nous pouvons circuler ?
Tout étant relatif (fonction des danseurs et danseuses présents, fonction de l’heure), il convient de regarder un moment comment le bal circule et évolue au moment où nous arrivons. De cette façon on s’imprègne de l’ambiance du bal pour ne pas être comme « un chien dans un jeu de quilles ».
Le bal, idéalement, doit être fluide et doit bien tourner. Ce qui veut dire que l’on ne doit pas s’arrêter sur place et ainsi créer de bouchon derrière soi. Ne pas changer de couloir, sauf nécessité absolue. L’espace doit être géré constamment par les danseurs. Prendre la place du couple devant qui vous l’a laissée. Ne pas doubler, sauf nécessité absolue. Si l’on doit doubler, doubler sur la gauche. Rester maître de sa vitesse, être capable de s’arrêter en cas de danger, de changer de direction rapidement. Etre capable de modifier dans l’instant ce que l’on avait l’intention de faire. Ne pas parler pour expliquer un pas, en pleine danse. Au contraire, rester concentré sur la musique, sur l’espace disponible, sur le guidage de la partenaire. Tout gérer : même l’imprévu. Improviser à chaque instant.
En cas de heurts
Malheureusement, malgré toutes ces précautions, il arrive que des chocs aient lieu. Plus l’espace est restreint, plus le risque de heurts est grand.
Quels sont les possibilités de chocs ?
- Quand la vitesse d’un couple n’est pas maitrisée, par rapport à la vitesse de tous les danseurs du couloir :
a) Vitesse trop lente (ou arrêt) et le couple derrière risque de heurter celui qui va trop lentement (ou qui s’est arrêté), s’il ne l’a pas vu à temps
b) vitesse trop rapide et c’est ce même couple qui risque de heurter le couple devant s’il ne l’a pas vu à temps.
- Quand un homme décide de reculer sans avoir vu évoluer le couple derrière lui, dans le même couloir,
- Quand deux couples de deux couloirs différents mais qui se jouxtent, décident au même moment, par hasard, de faire un pas latéral l’un à la rencontre de l’autre,
- Quand les boleos ou ganchos de la femme ne sont pas maitrisés en fonction de l’espace disponible alentour. Les femmes doivent apprécier par elles-mêmes si elles peuvent, ou non, effectuer en toute sécurité de telles figures.
- Quand les coudes des danseurs / danseuses sont trop hauts, ou à l’extérieur du cercle du couple dansant. De tels coudes font des ravages et peuvent faucher littéralement les visages ou les nuques des couples d’à côté (c’est du vécu !).
Dans tous les cas de chocs :
S’excuser auprès de celui ou celle que l’on a heurté fait partie de la bonne éducation. Cela montre que l’on respecte celui ou celle que l’on a heurté, même si l’on n’est pas responsable de l’erreur. Ne pas reprocher au partenaire la responsabilité du heurt.
Surtout ne pas penser que, puisqu’on n’est pas responsable du choc, on n’a pas à s’excuser. L’autre danseur en face peut aussi penser la même chose. L’humilité fait aussi partie du savoir vivre. On ne s’approprie pas la piste de danse comme on s’approprie un objet que l’on achète.
Si les excuses ne suivent pas un heurt, il est fort à parier qu’un jugement négatif sur la personne ou à plus forte raison sur la milonga elle-même, risque d’être fait, à tort ou à raison. De plus, des excuses contribuent à la bonne ambiance d’une milonga. Ne pas oublier qu’une milonga est un endroit convivial, ou on prend du plaisir à se retrouver et à danser ensemble, et même à danser avec des inconnus(es).
Les invitations : ne pas oublier le caractère profondément social de la milonga (bal)
C’est le (la) responsable de la milonga qui en définit son fonctionnement, en accord avec le DJ. Il n’empêche que les participants à cette milonga doivent à l’organisateur, de se conformer aux us et coutumes.
Habituellement, la programmation effectuée par le DJ est structurée en Tandas et Cortinas. Les Tandas sont représentés par 3 ou 4 morceaux de même style. Chaque Tanda est séparée par une Cortina, morceau de musique ne pouvant être confondue avec la Tanda.
Sur la Cortina, les danseurs regagnent leur table, ou simplement quittent la piste, pour permettre à d’autres danseurs d’y venir, ou bien permettre d’autres invitations avec d’autres partenaires.
Il est bien vu de changer de partenaires plusieurs fois dans la soirée, préservant en cela le côté convivial, social et populaire de la milonga. Le fait de danser uniquement toute la soirée avec le ou la même partenaire et se l’accaparer, (c’est paradoxalement assez bien toléré), ne permet pas d’échanger et de partager, ce qui est normalement le propre du bal. A Paris, le fait de danser avec un (e) seul (e) partenaire, même si c’est toléré, est considéré comme élitiste et comme anti-social, voire snob et égocentrique. Sans compter que ces personnes se privent de rencontres (dansées) intéressantes, potentiellement ! Le danseur qui savoure la milonga dans laquelle il est, prendra le temps d’attendre la musique qu’il aime vraiment avant d’inviter la femme qui lui semble la plus proche de ses aspirations, donnant ainsi toutes les chances d’une très forte entente dansée entre les deux partenaires. Dans l’intervalle, il peut discuter avec d’autres participants, aller au bar, ou simplement écouter la musique.
Normalement on ne change pas de partenaire durant la Tanda. La bienséance veut qu’on fasse au moins 2 Tangos (ou valses, ou milongas) avec le (la) même partenaire, mais il est mieux de faire toute la durée de la Tanda soit 3 ou 4 morceaux. Le seul cas à mon sens, où une femme peut planter son partenaire en plein milieu d’un Tango est celui qui relève de la brutalité avérée, de gestes que la morale réprouve, ou bien d’une non- maitrise de ses sentiments intimes et personnels !
A Buenos-Aires, et maintenant à Paris, peut-être aussi en Province, il est de bon ton de discuter un peu avec son (sa) partenaire avant de recommencer à danser entre deux Tangos, alors que la musique a repris.
Raccompagner la dame à sa table est « tip top » !
Ne pas promettre des invitations faites à tort et à travers sans passer à la pratique effectivement. Inversement, ne pas oublier les invitations acceptées. Rester très poli (e) et souriant (e) même si l’on doit refuser une invitation, il en est de même pour celui ou celle qui invite et qui se voit refuser.
De façon générale, les invitations se font le plus cordialement possible, peut importe la façon dont on s’y prend : par le regard, par le fameux « cabeceo », ou plus classiquement en France, en parlant directement avec le ou la partenaire potentiel(le).
Mesdames et messieurs, si vous mourrez d’envie d’inviter un (une) professionnel(le) dans une milonga, soyez conscient(e)que vous aurez entre les mains une « Ferrari » !
2°) DANS LES COURS
Le sens de circulation est le même que sur une piste : dans le sens inverse des aiguilles de montre. En cas de heurts, le même comportement de respect et de politesse est à rechercher (voir 1° ci-dessus).
Si vous avez un ou une partenaire attitré(e), n’oubliez pas de prévenir en cas d’impossibilité de vous rendre au cours.
Arriver à l’heure, même si le prof ne l’est pas…….toujours ! « La ponctualité est la politesse des rois ! »
Si le cours n’est pas terminé quand vous arrivez, patientez sans faire trop de bruit pour ne pas gêner la fin du cours.
Un élève vient aux cours pour apprendre. Sens de l’observation, écoute des explications sont nécessaires. En d’autres termes il faut de l’attention, en conséquence éviter de parler au voisin pendant les explications du professeur.
Si un professeur vient vous voir en particulier, pour vous donner une explication ou faire une correction de votre pas, alors que vous répétiez un pas ou une figure avec votre partenaire, ne vous sentez pas obligé(e) de l’envoyer promener par agacement. Faites lui confiance, ce qu’il ou elle a vu n’est pas forcément faux !
Eviter d’ « engueuler » son ou sa partenaire, cela n’arrange rien au contraire. Demandez-lui gentiment ce que vous voudriez. Si vraiment vous êtes très énervé(e), changer de partenaire puis revenez ensuite, cette interruption a permis de faire tomber la pression. Patience et indulgence !
De toute façon il est mieux de changer de partenaire de temps en temps, pour ne pas « faire du par cœur » avec le (la) même partenaire.
L’apprentissage est long et difficile pour tout le monde, du débutant à l’expérimenté. Ne pas se prendre pour des stars, même pour les élèves qui sont très brillants ou qui ont des tas d’années de Tango derrière. On trouve toujours meilleur que soi. Des professionnels de très haut niveau n’hésitent pas à aller prendre des cours chez d’autres, alors…….On apprend jusqu’à la fin de sa vie.
Et enfin, respecter le plus possible les niveaux annoncés pour les cours et les stages.
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