Vu l’important battage médiatique consacré à ce spectacle de Tango (télés, radios, articles de presse, affiches dans Paris), compte tenu du marketing - carrément un matraquage- effectué par la production de ce spectacle partout dans le monde, on pouvait s’attendre légitiment à un spectacle exceptionnel. Vu le tarif élevé des places bien situées au Théâtre du Chatelet (86 €, tout de même !), vu la difficulté pour acheter ces places (le Théâtre est quasi complet tous les jours), je me suis dit : « ça doit être extraordinaire ! ». C’est dire si j’y suis allée de bon cœur.
Et mon impression générale est mitigée.
Ce spectacle s’est voulu être une comédie musicale sur le Tango, mais je n’ai pas entendu de dialogue parlé entre les protagonistes. Je n’ai vu que des danseurs qui dansent. Et qui ne chantent pas. Et qui ne jouent pas la comédie. Je n’ai vu qu’une chanteuse qui ne danse pas mais qui chante 2 chansons. Par contre, et ça s’est bien, la traduction en Français des chansons s’affichait sur un écran situé tout en haut de la scène.
Comédie musicale ? Non, pas exactement. Mais il y avait une histoire, il y avait des décors sobres, des éclairages excellents, des costumes, de la musique de Tango dont les arrangements très modernes (Trop ? Quelquefois Jazzy et trop rapides) ont été écrits de la main de Lisandro Adrover.
Ce spectacle se voulait être une révolution avec un concept complètement nouveau. Un traitement de choc. Un dépoussiérage. Une comédie musicale façon Broadway. Hum…Je n’ai rien vu de cela. Ce spectacle se voulait être sans clichés liés au Tango. Vraiment ?
L’histoire ? Une jeune Française débarque en Argentine et se fait alpaguer par un souteneur qui l’oblige à se prostituer. Mais cette Française est amoureuse d’un jeune homme qui travaille au port de Buenos Aires. On peut prévoir alors une bagarre au couteau entre les deux hommes, non ? Gagné. A quoi peut-on s’attendre encore ? Au bordel ? Gagné. Aux femmes qui font le tapin ? Gagné. Aux clients de ces femmes qui sont au bordel ? Gagné. Au ballet entre les hommes de mauvaise vie et les bons travailleurs du port ? Gagné.
Alors j’attends toujours la révolution ! Et aussi l’absence de clichés……
Par contre les chorégraphies de Mora Godoy sont très intéressantes, même si elle a préféré jouer dans le spectaculaire à l’extrême, dans la rapidité des mouvements et des acrobaties. Ce spectacle dansé est « enlevé » sans aucun temps mort, et certains ballets de groupe sont esthétiquement très beaux et expressifs. Les éclairages sont, dans cette affaire, d’une importance extrême, et réussis.
Les danseurs et danseuses viennent du classique, du folklore, du modern jazz, et se sont mis au Tango avec un bonheur plus ou moins grand. Personnellement j’ai préféré les hommes (et pas forcément parce qu’on en voyait certains torse nu – et oui, ça peut attirer) qui étaient plus dans l’écoute de la musique et de la partenaire.
Que dire de Maria Nieves ? Elle jouait le rôle de la maquerelle. Elle a dansé deux Tangos avec une joie non feinte. Evidemment pour la technique, on repassera (elle a 70 ans…) mais elle a une énergie qui donne du baume au cœur. Son élégance et son déplacement sur scène, rien qu’en marchant, sont remarquables, portés par des jambes de toute beauté.
En conclusion, ce spectacle est vif, énergique, rapide, dynamique, bien réglé. Mais il manque la nostalgie, le sentiment, l’émotion et la sensualité en définitive. L’accent est mis sur la technique spectaculaire de la danse mais il n’y a rien, dedans, de ressenti et de profond. C’est dommage. C’est d’autant plus dommage que je sais qu’il est possible d’allier spectaculaire, technique et sentiment. J’ai déjà vu.
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11.1.2009 à 10:38
Il est fort triste de lire un tel article…
Il suffit de connaître et de comprendre ce qu’est le Tango en soi pour trouver ce spectacle à hauteur de toutes les espérances.
Cordialement.
Glupo
15.1.2009 à 19:10
J’ai bien pris en compte votre opinion, et je vous en remercie, néanmoins j’aurais aimé un argumentaire un peu moins faible de votre part !