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31.8.2007 par mephisto-tango.
Chicho et la recherche de l’ESSENCE du Tango.
L’association Le Temps du Tango a organisé le 30 août 2007 une conférence sur le Tango « Nuevo », dont l’animateur n’était autre que Chicho lui-même.
Inutile de dire que j’y suis allée en courant, et que je n’ai pas regretté.
Quels étaient les moments forts de cette conférence au combien très sympathique et intéressante, qui comprenait un débat avec les participants ? Voici personnellement ce que j’ai pu en retirer.
Sur le terme « Nuevo » :
Du point de vue de la définition du mot « Nuevo » qui colle à la peau de Chicho, celui-ci pense que ce terme est inhérent au commerce et au marketing. Lui personnellement, préfère le terme de « moderne » ou de « contemporain ». Rien n’est nouveau, véritablement, car depuis les origines du Tango, ce n’est qu’évolution. Du reste il ne comprend pas que des gens apprennent uniquement le Tango « Nuevo », sans connaître tout ce qu’il y a avant. Selon lui, si les gens apprennent uniquement le Tango « Nuevo », c’est que le Tango est mort. Les racines sont extrêmement importantes pour lui car elles sont la base sur laquelle il s’appuie.
Néanmoins il est conscient que ce terme le qualifie lui-même, et même s’il n’est pas d’accord avec ce terme (du reste il regrette que le Tango soit catalogué en « styles » : pour lui, il y a simplement le « Tango » dans son ensemble), il soutient et appuie cette nouvelle tendance. Si les gens disent de lui qu’il fait du Tango « Nuevo », il est bien obligé de l’accepter, mais cela le sectorise et le confine dans une solitude que dans le fond il n’aime pas. « Il est difficile de se rendre compte de cette solitude » dit-il. Le point positif dans cette solitude est qu’il s’en dégage une émotion forte, peut-être même une désespérance (ça c’est moi qui le dit) qui l’oblige à chercher et à trouver au fond de lui-même suffisamment d’énergie et de profondeur d’âme pour danser et exprimer cette émotion.
Sur les débuts de cette tendance :
Datant de 15 ou 20 ans, elle est portée initialement par Gustavo Naveira et Fabian Salas qui sont allés dans leurs recherches au-delà de tout ce qui avait été fait auparavant. Chicho est arrivé alors et a pris part à cette recherche, avec eux. Il cite l’anecdote suivante : Gustavo et Fabian enfermés à « Cochabamba » (pratique à Buenos-Aires) tous les jours pendant 4 ou 5 heures et pendant 5 mois pour leurs recherches, sans aller dans les milongas danser. Il n’y avait que lui, Chicho qui allait danser pendant cette période. Gustavo et Fabian par cette recherche, ont fait évoluer considérablement le Tango.
Sur la musique :
La référence de Chicho, pour la modernité, est Astor Piazzolla qui a changé la musique Tango. Puis il dit que, de Piazzolla à Gotan Project, il n’y a rien. Un trou donc, comme pour les danseurs en Argentine, entre 40 et 60 ans, très peu de danseurs de cet âge.
Il peut danser son tango sur de la musique électronique car c’est une musique nouvelle et actuelle, qui s’accorde bien avec le Tango que l’on dit « Nuevo ». Ce qui ne l’empêche pas de danser sur Di Sarli ou Pugliese, ce qu’il apprécie beaucoup, pour les richesses que cette musique comporte.
Sur « Danser à deux » :
Danser sur la musique électronique pour lui n’enlève pas cette dimension de « danser à deux ». Il faut toujours danser avec son âme, pour sa partenaire, avec passion. C’est ce qu’il exprime : « quand je vais danser, je danse pour ma partenaire, je cherche à l’intérieur de moi, en fonction de la musique et de mon ressenti, quelque chose à lui exprimer pour elle seule » Et encore : « c’est facile de faire des volcadas, colgadas, saccadas mais il est beaucoup plus difficile de trouver en soi l’essence du tango et la parfaite union avec la partenaire. Chicho regrette un peu que l’on ait perdu l’essence du Tango actuellement, car pour lui il devrait y avoir de l’émotion quand on danse et il n’en voit pas. L’émotion et la technique devraient être présents ensemble dans la danse. Il se rappelle que quand il apprenait le Tango (avec Tete entre autre au tout début, mais c’est une autre histoire : « ce style est limité » dit-il) et qu’il allait dans les milongas à Buenos-Aires, il passait un temps fou à regarder les gens danser pour s’imprégner de l’atmosphère des lieux et de la façon de danser des gens. « C’est important de regarder, dit-il, c’est avoir du respect pour la danse, pour pouvoir ensuite entrer sur la piste et avoir une communion non seulement avec la partenaire, mais également avec tout le bal entier ». Du reste il dit qu’aujourd’hui encore, il passe du temps à regarder avant d’entrer sur la piste.
Trouver son propre Tango est également une phrase forte chez Chicho.
Sur la communication homme-femme dans la danse :
Il constate que la communication existe plus aujourd’hui qu’hier où les danseurs, machistes pour la plupart, ne dansaient que pour eux et pour se faire remarquer. Aujourd’hui, les mouvements sont créés plus pour la femme, pour la mettre en évidence, pour la faire danser en définitive. Et quelque part, l’avenir selon lui consisterait à rechercher un équilibre plus juste homme-femme, pour les mouvements.
Il déplore qu’actuellement il y ait une séparation technique / essence du Tango, et dans ses cours il s’efforce de compenser cela en proposant à ses élèves de faire des exercices de communication corporelle, par exemple sans se toucher, sans se voir…..
Conclusion :
Après 10 années passées à Paris et après beaucoup de voyages à travers le monde - ce qui lui fait dire que le Tango est mondial, - Chicho repart en Argentine. Son projet là-bas est d’ouvrir une école de danse, et aussi d’organiser, de participer à des spectacles où des musiciens seraient susceptibles de travailler avec lui. Il pense trouver plus de possibilités de travailler avec des musiciens locaux, car c’est plus facile là-bas qu’ici.
Conclusion bis :
Voici ce qui a été le plus marquant pour moi hier. Importance de ne plus faire de technique pour la technique, trouver en soi ce qui fait que le Tango existe : l’émotion, la communication…même avec cette tendance moderne pour reprendre les termes de Chicho. J’espère n’avoir pas trahi les pensées de Chicho, qu’il m’en excuse si c’est le cas. Et merci pour vos commentaires si quelquefois vous êtes allés aussi à cette conférence.
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31.8.2007 par mephisto-tango.
Ce fut la très mauvaise surprise de la rentrée à Méphisto Tango : Pablo Tegli et Victoria Vieyra ne travailleront et ne danseront plus ensemble. Dommage, car ils marchaient bien et avaient beaucoup de succès. Les raisons exactes pour lesquelles ils se séparent nous sont inconnues, mais de façon générale on peut constater que, dans le milieu du Tango argentin, les changements de partenaires sont monnaie courante. Alors, comment s’étonner ?
Dire que nous avons fait toute la programmation de la saison 2007 – 2008 ! Et que nous l’avons diffusée sur le site ! Comme quoi quelquefois il ne sert à rien de vouloir trop bien faire les choses…..
Donc le stage avec eux, les 8 et 9 septembre, est annulé, car le délai est trop court pour chercher à les remplacer.
Pour les stages des mois suivants, nous avons laissé la porte ouverte à Pablo et Victoria, mais séparément. Très certainement ils chercheront de nouveaux partenaires de danse, et nous espérons qu’ils trouveront rapidement. Evidemment nous diffuserons les informations au fur et à mesure que nous les aurons.
Nous avons beaucoup apprécié de travailler avec eux, car, en dehors de leur talent, de leur gentillesse et de leur générosité dans les cours, ils ont toujours cherché à entretenir avec nous une relation cordiale, ce qui fait que, malgré ce coup dur, nous restons en bons termes avec eux.Alors il n’y a pas de raison, quand ils auront trouvé leurs partenaires respectifs, que nous ne travaillions pas de nouveau ensemble, à la grande joie de tous leurs élèves présents et futurs. Et bien sûr, ce sera pour nous un grand plaisir que d’accueillir leurs nouveaux partenaires !
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31.8.2007 par mephisto-tango.
La nouvelle est tombée, Sebastian Arce, Mariana Montes et Chicho repartent en Argentine début septembre 2007. Ainsi ils quittent Paris, leur pied-à-terre européen, pour revenir à leurs racines portègnes. C’est une page qui se tourne, et j’ose espérer pour eux que c’était une belle page. Il ne reste qu’à leur souhaiter bonne chance et bonne continuation pour leur carrière.
Les débuts
Sebastian et Mariana sont arrivés à Paris en 2001, complètement inconnus en France alors. Chicho lui est arrivé en 1998, et il n’était pas très connu non plus. Ils repartent en 2007, soit 6 ans de vie parisienne et 6 ans de travail pour Sebastian et Mariana, 10 ans pour Chicho. Dans le cas de Sebastian et Mariana (que je connais mieux pour avoir travaillé avec eux pendant 4 ans), s’ils ont pu rester aussi longtemps installés à Paris et y vivre, c’est non seulement grâce à leur grand talent bien sûr (c’est le critère principal et indispensable), mais également parce qu’ils ont eu de la chance. Leurs débuts ont été sous les meilleurs auspices possibles car ils ont eu l’opportunité de rencontrer les bonnes personnes, aux bons moments. Pour Chicho que je connais moins bien, je pense que certains Français en 1998 ou 1999 l’ont aidé aussi du mieux possible…..
Dans une carrière artistique quelle qu’elle soit, avoir un talent avéré et être brillant ne suffisent pas. Encore faut-il que ce talent soit reconnu par tous. Surtout au début car il est difficile de se montrer et de se faire reconnaître par la majorité des gens comme supérieurement talentueux. Surtout qu’il y a toujours des détracteurs qui viennent nier et critiquer ce talent. Rien d’étonnant alors que ces artistes se sentent seuls. Pour Sebastian et Mariana, des gens qui connaissent le Tango Argentin ont cru en eux alors, les ont aidés et poussés en avant, en fonction de leurs propres possibilités, de leurs moyens et de leurs capacités du moment. Je ne cite pas de noms, ils se reconnaitront. Il ne s’agit pas de dire : ” j’ai fait pour eux plus que tous les autres “, non, car chacun d’entre eux, d’entre nous, ont apporté leurs pierres, plus ou moins grosses évidemment, et avec plus ou moins de réussite, pour que Sebastian et Mariana réussissent dans leur Art. Tous ont apporté leurs énergies, leur temps et leurs moyens à des périodes différentes plus ou moins longues, pour que ce couple accède au niveau mondial. C’est maintenant chose faite. Hommage aussi soit rendu à tous leurs élèves. Grâce aux élèves, ils ont pu avoir les moyens de vivre à Paris, sans pour cela être des nababs.
En Argentine maintenant, il faudra qu’ils s’imposent parmi un vivier de jeunes danseurs professionnels talentueux (et avec les dents longues) et qui promettent beaucoup. Là-bas, non seulement la quantité existe, mais la qualité aussi. Ce ne sera certainement pas simple tellement la rivalité est grande. La jalousie existe, mais ils ont un avantage certain : celui d’être connus et réputés en Europe et aux USA. Cela leur apporte une ” aura ” particulière. Leur expérience, par le côtoiement des différentes cultures des pays dans lesquels ils sont allés travailler, leur a permis d’avoir plus de maturité. Ils se heurteront probablement à la vindicte des traditionnalistes intégristes là-bas, mais ils ont suffisamment de volonté pour se battre afin que leur Tango ” Nuevo ” soit apprécié au même titre que tous les autres styles. Ils ont aussi un avantage qui n’existait pas quand ils ont quitté Buenos-Aires, c’est d’avoir maintenant des pratiques plus spécialisées dans ce Tango ” Nuevo “. Là-bas, l’heure est maintenant venue, peut-être – espérons le en tout cas - de faire évoluer ce Tango vers plus de modernité, vers un Tango contemporain.
Qu’ont apporté Sebastian et Mariana en France et en Europe ? Que nous laissent-ils ?
C’est mon opinion, ils ont apporté autant que Pablo Veron, et Chicho leurs prédécesseurs. Ils ont apporté une technique et un sens du rythme impeccables, un sens sûr de la pédagogie. Ils ont apporté dans leur danse l’esthétique dans le mouvement, y compris dans les mouvements du Tango dit ” Nuevo “. Un charisme certain dans leur cours et beaucoup d’assurance dans les explications et dans la façon de parler aux élèves. Une créativité qui n’a fait que croître avec le temps, grâce en partie à la fréquentation d’autres danseurs professionnels chez lesquels ils trouvaient une source d’inspiration importante. Avec leur propre évolution et la maturité est venue le temps de l’improvisation pure (et non plus les chorégraphies) pour retrouver l’essence même du Tango. Cette introspection dans l’expressivité qu’ils recherchent davantage grandira dans leur pays d’origine, de la même façon qu’ils grandissent eux-mêmes et prennent de l’âge.
Et l’avenir ?
Bien sûr que c’était de la chance, comme aimait à le répéter Sebastian, de les avoir comme danseurs professionnels en Europe, et à Paris en particulier. De même que c’était de la chance d’avoir Pablo Veron et Chicho. Les regretterons-nous ? Oui, bien sûr. C’est évident. On ne laisse pas partir sans une larme à l’œil des artistes de si grand talent, si libres et si créatifs. Néanmoins les regrets sont inutiles car toujours les pages se tournent, tout a une fin, et il suffit de l’accepter. Les souvenirs, les meilleurs, de leur talent et de leur enseignement resteront dans nos mémoires. La vie continue, et le Tango aussi……. Plus tard il y aura d’autres professionnels qui arriveront, qui s’installeront à Paris et qui laisseront des traces indélébiles de leur passage car ils y deviendront aussi grands qu’eux. Cette danse continuera d’évoluer et de vivre à Paris, pour peu que des gens s’y intéressent toujours et s’investissent dedans !
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