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Volcada ou pas volcada ? Telle est la question …

L’autre jour, une femme prenant des cours régulièrement chez nous, niveau moyen 1, sans partenaire attitré, grande et, – c’est la cause de tout - plutôt «enveloppée » comme dirait Obélix, me demande :
- « C’est quand les cours sur les volcadas ? »

Gloups … j’ai un peu peur de la suite. Je réponds :
- « C’est le 3 juin. »
- « Super, c’est ce que je préfère, les volcadas et le Tango Nuevo en général ».

Là, je commence carrément à flipper, et la suite me donne raison :
 - « Je viendrai le 3 juin pour les volcadas »
- « Euh….oui, tu viendras avec un partenaire ? »
- « Non, je n’en ai pas ».

Aïe. Je suis dans de beaux draps. J’avale ma salive, et comme me recommandait ma mère quand j’étais petite, je tourne 7 fois ma langue dans ma bouche avant de dire une ânerie. Je pense à toute allure. Je suis super embarrassée, comment répondre qu’elle prend des risques pour elle-même et pour les partenaires du cours ? Que dois-je dire, dois-je accéder à toutes les demandes de nos élèves et les satisfaire en tant que responsable d’association ? Dois-je être compatissante pour tous les hommes du cours qui seront là ce jour là ? Je pense à Gilles, danseur adorable, petit et mince qui, malgré une partenaire attitrée, n’hésite pas à changer de partenaire quand les profs le demandent …

Comment expliquer à cette femme charmante qu’il ne faut pas brûler les étapes, que les volcadas sont des figures techniquement très complexes et que quelquefois il y a des choses que physiquement on ne peut pas faire, au risque de se mettre en danger ?

Je tente une sortie acrobatique, une pirouette :

-    « Tu sais que dans les volcadas, la femme est en net déséquilibre avant, et repose sur le buste du partenaire ? »
-    « Bien sûr je le sais, j’en ai déjà vues »
-    « Si tu veux faire le cours nous ne pouvons t’en empêcher, mais je fais une petite prière pour que pendant ce cours, aucun homme ne te fasse tomber en avant par terre, et ne tombe lui-même ».

Elle me regarde, sidérée, ne sachant quoi dire et s’en va.

Conclusion :
Elle n’est pas venue au cours sur les volcadas, et nous ne l’avons plus revue depuis. Dommage. Pourtant il n’y a pas que les volcadas dans le Tango. Et heureusement !!!  Nous avons peut-être perdu une élève, mais nous n’avons pas vendu notre âme au diable

    diable.gif

9 réponses pour “Volcada ou pas volcada ? Telle est la question …”

  1. Mephisto Fredo indique :

    Tu as raison, mais Gilles il est costaud, il aurait pu s’en sortir quand même, je pense … Cela dit, tu as bien fait. Avant de courir, il faut d’abord apprendre à marcher, sinon on tombe. Et tomber quand on parle de Volcada, ça peut être très  dangeureux, car avant de se retrouver par terre et d’y entraîner éventuellement son/sa partenaire, on peut vraiment se faire très mal au dos.

  2. Jonathan indique :

    moi ça me démonte tous ces types et ces gonzesses qui veulent faire des mouvements en déséquilibre (colgadas, volcadas) alors qu’ils maîtrisent même pas leur propre équilibre. Faut pas les accepter dans les cours avancés.

  3. Paulo indique :

    Les gens veulent faire du technique sans se donner la peine d’apprendre. Ils veulent faire comme les pros sans comprendre que si les Tangueros Nuevos peuvent faire des trucs super chauds c’est parce qu’ils ont étudié le mouvement pendant des années, la danse classique, contemporaine, le yoga, les arts martiaux et qu’ils connaissent parfaitement leur corps. Ca va être dur à admettre pour certains, mais ce qu’ils font n’est pas pour tout le monde.

  4. Vero indique :

    Vous êtes fatigant avec vos fondamentaux, votre technique, tous vos trucs commerciaux. Moi je suis simplement ce qu’on me guide et j’ai pas eu besoin de prendre des cours pour faire des volcadas

  5. Paulo indique :

    Ouais c’est ça. J’ai qu’à prendre une fille dans la rue lui faire une volcada et je verrai le resultat

  6. Mephisto Fredo indique :

    Je pense que le Tango s’est énormément complexifié et de façon très spectaculaire depuis l’émergence du Tango Nuevo. Ce qui était possible avant avec un bon instinct de danseur/danseuse ne l’est plus vraiment aujourd’hui. Vero, si tu peux faire des Volcadas sans jamais avoir pris de cours de Volcadas, c’est certainement que tu connais très bien ton corps et que tu sais contrôler tes mouvements / postures. Et ça, je suis sûr que tu l’as appris, peut-être pas dans un cours de Tango, mais tu l’as certainement appris car ce n’est pas naturel.

  7. Sharquak indique :

    Comme vous avez été maladroit ! Si cette femme n’avait pas le niveau pour suivre le cours de volcada, il suffisait de le lui dire. Mais vous avez suggéré que c’est sa corpulence qui va l’empêcher de danser. Je comprends qu’elle soit partie. J’attends d’un professeur qu’il m’ouvre des portes, pas qu’il me les ferme.

  8. Bernadette GUILLOT indique :

    Vous savez probablement que souvent (je dirais même que c’est la majorité) les élèves surestiment leur propre niveau de danse. L’élève concernée était dans ce cas, puisqu’elle prenait cours moyen + cours avancé, même avec des difficultés techniques importantes. Nous ouvrons donc les portes donc, à ces personnes qui se surestiment, dans l’espoir qu’elles réalisent elles-mêmes qu’elles ne peuvent pas suivre ! Et ce cas, où la personne avoue qu’elle n’a pas le niveau, n’est pas fréquent….La politique de Mephisto Tango est de ne refuser personne dans les cours,(nous ne fermons pas la porte, n’est ce pas ?) par contre, nous demandons à nos profs de ne pas dévaluer le niveau de leurs cours. Nous cherchons à ce que les élèves situent eux-mêmes leur niveau, de par leur propre travail dans les cours. Dans le cas de l’élève corpulente, il fallait lui faire comprendre que c’était dangereux pour elle et pour ses differents partenaires du cours, sur les volcadas. Mentir, et dire qu’elle n’était pas du niveau n’était pas possible car précédemment elle avait toujours pris les cours qu’elle voulait, et même en niveau avancé !

  9. gilles indique :

    Peu importe la manière dont les plus qualifiés pour juger des niveaux de chacun s’y prennent pour “canaliser” les personnes qui ne savent pas elles même les difficultés à surmonter, se sera toujours maladroit devant les envies trop ambitieuses des hommes ou femmes concernés. Il arrive souvent de perdre “son tango” face à des difficultés de taille, de corpulence ou de raideur. Les cours d’initiation, de débutants, de moyens puis d’avancés se justifient naturellement comme dans toute autre activité sportive: on ne devient pas ceinture noire de judo parce qu’on vient de réaliser son premier Tomoe-nage…
    Le deuxième aspect de ce problème récurant, est le respect envers les partenaires qui ont travaillé ces techniques sous différentes rythmiques (parfois déroutantes) pendant des mois et des mois,danseurs ou danseuses, et qui espèrent par ces cours avancés parfaire leur style plutôt que de reprendre les bases pour se faire comprendre ou comprendre le guidage. L’impatience de “maîtriser” ou de s’approprier une forme de corps ou une séquence dynamique ne doit pas estomper ce respect au (ou à la) partenaire. La prise de concience de son niveau (par l’échange avec les autres)et la prise de risque (avec modestie) sont les composantes des bons élèves, lire dans son ressenti et de son (sa) partenaire, la progression de sa technique et de son assurance permet de développer sa communication et de jouir pleinement de cette récompense.
    Nous sommes tous à la recherche de la technique et du style qui permettra, de donner et de recevoir un maximum de plaisir de nous “démarquer”, de donner l’élégance au couple et suciter l’envie. La corpulence des uns ou des autres n’est un problème que si le couple est “disproportionné” par l’opposition des tailles et des poids formant ainsi une disgrace à laquelle on tente d’échapper même dans les cours. Bien sûr cela n’arrive que durant les cours ou pratiques, mais nous consentons de bon gré à cet effort comme pour rendre un peu à Méphisto ce qu’il nous a donné pendant des années et satisfaire les envies à ces personnes toujours sympatiques.
    Nommé deux fois dans votre blog, je ne pouvais pas rester sans répondre.
    Gilles ne lutte pas face à l’évidence, il n’est pas costaud car lorsque la journée de tango s’arrète, il souffre des mains, des bras, du dos, et des cuisses comme tous les autres (malheureusement).
    Paulo a vraiment du bon sens et bravo à Véro qui sais faire sans apprendre: j’ai hâte de la trouver dans une milonga pour donner libre cours à mon imagination si elle ne refuse pas mon invitation bien entendu.

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